Sélection Mondial FITA 2013.

Trois jours après le retour de Pologne se déroulait la sélection pour les championnats du Monde à l’institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP), à Paris. Je termine troisième de cette sélection et je disputerai les championnats du Monde en Turquie, à Antalya, avec Dominique Genet et Sébastien Brasseur. Ils se dérouleront première semaine d’octobre. Après l’or mondial à Wroclaw en Pologne, mon premier, celui qui m’offre une place sur les fontaines du Trocadéro, je n’ai pas eu l’occasion de beaucoup tirer en raison des voyages, de la fatigue accumulée, d’un vent fort à domicile. J’allais donc tenter de surfer la même vague polonaise, à Paris en sélection, soit sept séries comptées et seize matchs en trois jours. Ouch... Tir éreintant, une journée de trop où je pensais beaucoup plus à mon voyage retour qu’à viser la bonne cible ! Malgré ces longueurs de bassin parfois en brasse coulée, je retiens des passages très bons et prometteurs. Je tire des qualifs régulières à 705 et 704 sur les deux premiers départs, et une série de fin de journée à 353 (le fameux tir par équipe individuel...). Celui-là, il faut le gérer, puisqu’il s’agit de tirer deux flèches en 40 secondes, trois fois de suite en sortant du pas de tir à chaque 40’’ pour en faire une volée complète. Il prépare au tir par équipe, mais de façon individuelle, et six fois de suite pour un total sur 360 points. C’est un tir physique, technique, et d’endurance mentale. Les premiers matchs sont ensuite bien négociés et j’ai encore du jus pour tirer de beaux 30. Un seul 146, et le reste à 148 et 149. A l’issue des deux premiers jours, je suis premier au classement provisoire, c’est après que cela se complique...

Thumbnail imageLe dernier jour, je démarre en trombe avec mon record personnel sur la première série comptée : 359 sur 360 (Je crois que cette performance n'avait jamais été réalisée dans le monde avant) !!! Une flèche est partie basse lors de la 5ème volée, mais sans conséquence. Ensuite, à la pause, je me dis qu’un record du Monde (716) ou d’Europe (715) est possible mais ... ‘’à quoi bon ???’’ Cette question aura plié ma seconde série et j’ai perdu l’étincelle puisqu’un tel record n’aurait pas été homologué, seul un record de France est possible, la compétition n’étant pas inscrite au calendrier international. J’ai déjà battu des records internationaux alors en sélection, un 1410 record d’Europe, un 356 à 70m / 4 distances et un 351 record du Monde à 90m / 4 distances. Ils n’étaient pas homologués même en France, dommage au début, irritant maintenant... Les temps changent et ces sélections devraient être inscrites au calendrier international l’année prochaine. ''Les records sont fait pour être battus'', certes... Si je note bien, le champion du Monde Perkins a les deux records du Monde, salle et FITA, et devrais-je aborder les cas Wilde, Cousins, ou Guellenthien, tous détenteurs de records du Monde ? Ils ne sont donc pas indissociables d’une médaille mondiale, au moins... A mes yeux, un record valide un niveau supérieur même personnel, tombe une barrière, et apporte une confiance supplémentaire pour surfer jusqu’au podium. C'est une évolution au sens propre, qui va dans le même sens que la réussite du podium, voire atteste parfois même un niveau sans l’ambiguïté d’un parcours aux matchs chaotiques où par chance, cette fois, un outsider se glissait parmi les finalistes. Donc, j’ai coupé, en milieu de matinée, et avec cette fatigue accumulée tout l’été, la digestion d’une médaille d’or et d’une sélection à la grande finale, un contexte familial difficile comme la vie vous l’impose parfois, et la petite étincelle disparue. La suite de la sélection, je l’ai tiré en mode dégradé, et parfois le corps le répondait plus. Elle m’aura appris une autre limite sur moi, que j’approuve amèrement, mais qui me servira ensuite j’en suis sûr. Je suis maintenant sur les bons rails pour produire une fin de saison de qualité, tant en individuel qu’en équipe, où je donnerai le meilleur de moi-même. Les entraînements sont très bons, le moral aussi, et l’été indien du Sud m’offre une ambiance relaxante (elle tombe bien celle-là !). En route vers les championnats du Monde, du 28 septembre au 07 octobre, pour une semaine qui sera certainement encore un sacré moment de tir à l’arc ! Vivement, pas trop vite quand même !!!

A bientôt !

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