Medellin : l'équipe en or !

297040 10200766013331443 1448301845 nUn voyage de vingt jours se prépare, et j’ai placé toute mon énergie dans la recherche, l’entraînement et la logistique bien avant de partir. Tout y est passé, sur le plan médical pour être sûr que tout va bien ou pour me soigner une fois sur place, sur le plan matériel pour garder mes arcs et accessoires en état, sur le plan mental, en profitant des miens avant une longue absence. Bref, il s’agissait d’anticiper pour l’impondérable, et éviter une casse prenant des proportions potentiellement plus graves dans ce cas. Je suis actuellement en Colombie depuis le 12 juillet dernier, et je reviendrai en France le 30 juillet. Pourquoi ? Deux grandes compétitions se suivent, la troisième manche de la coupe du Monde à Medellin, et les jeux mondiaux à Cali. Sur cette dernière, j’écrirai un article dédié lorsque la compétition sera terminée fin juillet. Elle méritera d’avoir quelques explications supplémentaires puisqu’il s’agit d’une exclusivité pour l’arc à poulies, une première fois en tir FITA dans ce que l’on pourrait appeler les jeux olympiques des disciplines non-olympiques.

Deux compétitions de suite loin de chez soi, de grandes ambitions, un mauvais départ de la saison extérieure sur le plan individuel, une certitude sur la capacité à décrocher de nouvelles victoires... Autant de raisons qui auront monopolisé mon esprit et ma vie sur les dernières semaines. J’ai sans doute croisé certains d’entre vous sans vous voir vraiment, je n’ai peut-être pas répondu à vos appels, à vos messages ou email, et c’est un aspect de la vie de sportif de haut niveau qu’il faut excuser, comprendre, et à plus forte raison lorsqu’un grain de sable ralentit la machine. Je dois trouver la panne, ne pas me disperser, me concentrer sur mon but. Toute une équipe me suit, me pousse, m’aide. Parfois, elle intervient, et il faut que je sois prédisposé à l’écouter (j’ai un sale caractère tout de même !). D’autres fois, elle n’intervient pas et c’est une force tout aussi puissante qui est la leur lorsque l’on parle d’un proche aimé et aimant, car il faut pouvoir laisser le pilote ... piloter. Sacrifice, abnégation, effort, pour beaucoup le point de vue sur le mot approprié sera différent en fonction du parcours de vie, pour moi, je me suis couché souvent nerveux et inquiet ces derniers mois, n’arrivant pas à retrouver une vitesse de croisière, et je me réveillais toujours avec cette idée en tête : ‘‘recommence’’. Après Shanghai, Antalya et Medellin, je n’ai marqué que cinq points pour la finale de la coupe du Monde qui se déroulera à Paris comme vous le savez. Vous êtes nombreux à me parler de cette finale, et je vous comprends très bien. Voici mon point de vue qui je l’espère éclairera votre lanterne. Je suis vingtième au classement de la coupe du Monde 2013 et je dois figurer dans les sept pour être finaliste sans remettre ma sélection à la commission de sélection de la fédération.  Il faut dissocier le classement mondial de celui de la coupe du Monde, le classement mondial comprend toutes les compétitions internationales extérieures. Seuls deux archers du même pays peuvent figurer dans la même catégorie lors de la grande finale de coupe du Monde. Trois solutions donc : soit les deux archers sont dans les sept, soit un archer sera sélectionné par la fédération pour représenter la catégorie, le pays organisateur bénéficiant de la huitième place, et enfin un archer dans les sept avec l’invité en huitième place. Il reste une seule manche de la coupe du Monde qui se déroulera à Wroclaw en Pologne en août pour laquelle je viens d’être sélectionné. Il est évident que j’aimerais tirer sur le Trocadéro et aller chercher le podium. Compte-tenu de mon actuel classement, je vous demande de comprendre ma position : il me reste les jeux mondiaux, la dernière manche de la coupe du Monde, une sélection au championnat du Monde, et enfin le championnat du Monde si tout se passe bien. La finale de la coupe du Monde sera une cerise sur le gâteau, mais ne peut pas figurer parmi mes objectifs piliers. Cela serait poser le toit avant les murs. Il y a un tas de «si» pour tirer à Paris, cela reste possible toutefois «mais» avec tous ces «si». Je me détache donc de cet aspect, et mon objectif majeur reste le championnat du Monde FITA à Antalya en octobre, si d’autres jolies choses se pointent, je ferai toujours en sorte d’être le meilleur. Ensuite, pour entrer dans le vif du sujet, une semaine de compétition vient de s’achever à Medellin. A 1500 mètres d’altitude, à 6° de latitude Nord de l’équateur (env. 650 km), le soleil tape fort, les orages bourgeonnent mais n’éclatent pas dans la vallée où nous sommes. Le café est délicieux ! Les conditions ont été très bonnes toute la semaine. Sur le terrain, deux facteurs pouvaient écarter nos flèches du 10 : un vent latéral de 10 à 30 km/h, ou bien une forte chaleur.

Sur les qualifications, je me classe deuxième avec 704 points. Les conditions étaient bonnes à ce moment-là. Je suis content de ce classement après autant de travail en amont. Mes impacts en cible n’étaient pourtant pas aussi bons que mes sensations dans l’arc et je n’ai eu la réponse que plus tard dans la compétition. Le lendemain, place aux matchs individuels. Je suis d’office qualifié pour les seizièmes de finale en figurant parmi les huit premiers des qualifications. Je rencontre un archer du Venezuela, Rojas. Pas de secret, de toute façon, je dois faire de mon mieux et je dois rester tranquille. Exercice difficile... Je tirais très bien sur le terrain annexe, puis je tire 149 sans forcer dans mes cinq volées d’échauffement avant le match. Il y avait un petit vent changeant de direction parfois. Après l’échauffement, il y a eu un petit temps de pause pour préparer le terrain. Le match commence et j’attaque bien groupé à gauche mais 28. Ensuite, ma volée noire, 9 gauche, 9 droite, 9 midi. Puis un autre 28 dégueu, un 30 3X et enfin un 28 sans incidence, mon adversaire avait gagné avant que je tire histoire d’enfoncer le clou un peu plus si ce n’était nécessaire. Que c’est-il passé alors pour passer d’un 704 / 149 à un 141 ? J’ai quelques éléments de réponse, mais sans avoir de certitude formelle. Ce genre de situation ne peut se retrouver qu’en compétition internationale comprenant l’enjeu et le contexte. J’ai tout vérifié, revérifié, arc, flèches, décocheur, et bien entendu moi-même. Je suis sûr que ce n’est qu’une question de temps. Vous le saviez probablement déjà, mais j’ai décidé de revenir sur mon choix d’arc pour la saison extérieure, comme je l’avais déjà fait deux ans auparavant lors de mon passage du Vantage Elite au Vantage Elite Plus. Lorsqu’il s’agit de ranger plus de cinquante flèches dans le 10 à chaque voyage, chaque qualifications, et qu’un point de moins ou un millimètre plus loin peuvent vous écarter du jeu pour toute une saison, le choix de revenir vers quelque chose de connu et référencé n’est pas un pas en arrière mais une stratégie. Elle permet de prolonger la confiance pour la transférer sur le nouvel arc le moment venu. J’ai donc laissé mon Pro Comp Elite XL en deuxième arc et opté pour le Vantage Elite Plus, mon partenaire de l’année 2012. Pour la salle, le Pro Comp Elite XL m’avait tout de suite montré son évolution pour m’offrir ma meilleure saison jusqu’au titre de champion d’Europe. Il s’agissait de tir en salle, sans incidence météo, avec des flèches lourdes et à courte distance. Pour le tir FITA, on parle de vent, de presque longue distance, de groupement, et de flèches carbone aluminium. Cela fait toute la différence. La précision est chirurgicale.

Avant de partir en Colombie, j’avais pris presque trois semaines de «vacances» pendant lesquelles je suis passé en mode «archer professionnel». J’ai passé des heures et des heures à travailler sur mon matériel et sur moi. J’ai appris énormément de choses qui vont me permettre d’affirmer des constantes qui étaient jusqu’alors caduques. Je n’ai jamais autant monté de flèches, démonté mes arcs, travaillé ma posture et mon tir. Même si le résultat ne se traduit pas encore par une médaille individuelle en FITA, je suis persuadé que mon classement mondial remontera et que j’irai chanter une Marseillaise en extérieur. 

Après toutes ces opérations, une petite chose est passée au travers de ma tête déjà bien remplie : ma lame de repose-flèche. J’avais commencé la saison avec une lame de 0,10, soit une dureté moyenne, et je n’avais pas de soupçon sur la possibilité de scorer avec un 712 et un 710 au tableau de chasse du Pro Comp Elite XL... A la suite de plusieurs départ-tests au mois de juin, en tenant compte de mes références de début de saison, j’ai choisi une lame de 0,08 plus souple, plus tolérante. Judicieuse idée, le tir est redevenu beaucoup plus fluide et confiant, les impacts en parfaite cohérence avec le tir. J’étais alors heureux de retrouver ce plaisir et cette facilité à tirer. Le voyage se passe, les tirs Colombiens commencent et je note une majorité de mes impacts «faute» dans le 9 bas, comme une hémisphère bordant le 10... Je me disais alors «Prolonge et tient ton bras, ça ira dedans». Les qualifications se passent donc comme ceci, avec ces 9 bas, que je ne comprenais pas toujours, mais c’est un tir de coupe du Monde après tout, j’ai un peu de pression à gérer. Seulement, le match à 141, ces 9 bas, droite, gauche mais toujours bas ne pouvaient plus me laisser penser à une faute de ma part. L’écart était bien trop grand pour faire de telles fautes... 

L’année dernière, je tirais un spine de flèche de 570, des flèches légères et souples. Cette année, avec un nouvel arc plus réactif et un tir évoluant, je testais et validais les 470 Protour, deux spines plus raides. Ces flèches ont été coupées longues avec une pointe de 120 grains pour garder une certaine tolérance. La sortie de flèche est parfaite, test papier ainsi que empennées/non-empennées à 50 mètres (toutes dans le jaune, blason de 80). Les tests ont été effectué avec les deux modèles d’arcs, parfait. J’ai donc une lame plus souple, une flèche plus lourde, et si le tube ne touchait pas le repose-flèche en sortie d’arc l’année dernière avec des flèches plus légères, il l’aura touché cette fois avec des flèches plus lourdes. J’ai observé les marques circulaires du frottement des tubes sur le plastique du repose-flèche après le match. Pour augmenter un peu cet effet, j’avais légèrement tourné mes encoches pour diminuer le bruit de ma lame. La plume de gauche touchait alors un peu plus la base du repose-flèche. Les «moins bonnes flèches» partaient donc le cul en l’air, piquant du nez direction le 9 bas, ou avec un peu de latéral fonction de la contrainte exercée par ma main de grip pour contrer l’effet du vent.

Voici donc une raison plausible de mon résultat en match, alors que le geste est soumis à de nombreuses contraintes physiques et mentales, le matériel doit pouvoir tolérer un maximum d’entre-elles. Seulement voilà, pour se douter de cela, ma place aux qualifications ne m’aidait pas à m’inquiéter, la qualité de mes impacts avant de partir non plus, il fallait que cela arrive... Peut-être que je devrais plus écouter mes pressentiments ? Ils m’auraient éviter d’avoir trois heures de retard dans le train pour Paris, de me retrouver seul dehors à l’aéroport de Bogota sans pouvoir rentrer dans la zone d’embarquement, de monter dans le bus qui est tombé en panne et de trouver trop tard l’aiguille dans la botte de foin ! Je ne manque pas de souvenirs et de nouvelles expériences c’est certain !!! Cela ne tient souvent à rien, une mauvaise ciblerie tort vos flèches toutes neuves lors des volées d’échauffement et les impacts partent en vrille, une lame cassée ou fendue ou trop inclinée et le tube frotte le repose-flèche, une grippe, une mauvaise nuit, une visette qui s’accroche en sortant l’arc du sac, un Dloop qui bouge ou casse........... On pourrait écrire un bouquin ! Quelques fois, les choses s’enchaînent pour vous apprendre l’humilité et la rigueur forgeant l’expérience et la maturité dans un domaine particulier. J’en prends pour mon compte, merci pour ce trésor...J’ai donc corrigé ce problème en ajoutant une cale sous la lame pour la relever, j’ai redressé mes encoches, re-re-re-re-re-vérifié tout le reste et hop, ça tire !

L’équipe en or !

Medellin 1Le vendredi de chaque semaine de compétition, c’est le jour du tir par équipe. Avec Dominique Genet et Christophe Doussot, nous avions remporté la médaille de bronze contre l’Italie à Antalya sur la manche précédente. Nous étions classé deuxièmes des qualifications derrière les américains. Le tableau nous laissait une ambition de finale, cependant, les équipes que nous allions rencontrer n’étaient pas à prendre à la légère. En quart de finale, le Venezuela marque 232 points et nous remportions le match avec 235. 

24 flèches, trois archers, 50 mètres, 120 secondes, du tir extérieur : les points défilent très très vite dans le tir par équipe, une équipe à plus de 230 dans un petit vent changeant n’est à prendre à la légère. Même topo contre l’Inde en demie finale, qui vient de gagner son quart de finale avec un score de 236 sur 240 possibles. Dialogue, coordination, entente, le duel a été rondement mené pour finir victorieux 234 à 231. Les 60 s’accumulaient pour notre plus grand bonheur et pour gagner notre place en finale contre les américains Braden, Réo et Roger, trois grands archers que je respecte sportivement et humainement. 

La finale...

Départ de l’hôtel à 8h30 et démarre une longue attente jusqu’à pouvoir tirer l’échauffement vers 11h15, une heure avant le match. Le terrain de chauffe ne pouvait pas être orienté dans le même sens que le terrain des finales, le réglage devait donc être minutieux. Le vent était modéré sur le terrain annexe, mais parfois très violent sur le terrain de finale. Je tire en troisième position dans l’équipe, et au back tension dans un vent aussi fort, je devais prévoir une solution de secours. Mon décocheur à pouce, AS 304P, aura encore servi ! J’ai un réglage et un ancrage identique avec les deux décocheurs, ce qui m’aura permis de déclencher mes flèches dans le vent avec une certaine sécurité. J’aurais à coup sûr manqué la cible si j’étais resté sur le back tension.

Le match démarre 57-58 pour les USA, suivi de 112-116 à la deuxième volée. Les rafales sont vraiment très fortes par moment, chacune des deux équipes doit résister aux assauts du vent. La vidéo sera la démonstration de ce tir très acrobatique. Dominique et Christophe ont assuré le coup systématiquement, ils ont tiré comme des patrons ! Le temps de leur visée étant parfois allongé compte-tenu des conditions, mon rôle de troisième était plus de régulariser le temps plutôt que de chercher le 10, en évitant de commettre une faute grave, sur la troisième et sur la sixième flèche de chaque volée. Sur ma première flèche, je faisais en sorte d’être rapide pour ne pas entamer le capital-temps de la deuxième vague de trois flèches. Je préférais avoir quelques secondes supplémentaires pour ne pas lâcher hors-temps ou bien résister à une rafale. Nous étions en match contre nous-même, avec la volonté de tirer à notre niveau sur cette finale venteuse contre les USA. La victoire aurait été présente pour nous même en cas de défaite, dans le cas où nous aurions pu exprimer notre niveau contre eux. 

Lors de la troisième volée, Réo est long dans une rafale, il reste en visée 25’’ avant que son décocheur ne lâche subitement et que sa flèche ne manque les couleurs du blason. C’est justement ce que je craignais pour moi, et ma raison pour passer sur un décocheur à pouce où je contrôle le départ. On pourrait sûrement discuter de la pertinence du tir alterné à partir d’une certaine force de vent, mais la réalisation des vidéos deviendraient vraiment complexes et des moments inédits comme cette flèche de Réo pourraient peut-être passer à la trappe. Sur un blason de 80cm complet, sa flèche aurait marquée 3 ou 4 points, elle n’était pas loin et se trouvait dans le carré du blason. Je crois que ce sujet sera abordé en haute instance cette année.

La volée marque à 42 contre 54 pour nous, le vent est violent à cet instant, et je voyais les arcs de Dominique et de Christophe danser et se voiler pendant leur visée, attendant mon tour dans la gueule du loup. Sur cette volée, je tire une première flèche au 8 rapidement pour ajuster le temps ayant déjà dépassé la moitié, ma deuxième flèche est lâchée de justesse au 7 et décompté aux dernières secondes dans la rafale. A plusieurs reprises, mon viseur est sorti de la cible... 

Pour la première fois, nous gagnons en finale contre les américains 223 à 216 dans des conditions vraiment difficiles. Nous avions de quoi matcher contre eux, les conditions étaient dégradées cette fois mais je suis sûr que nous aurons notre chance pour nous exprimer dans une météo plus clémente. Il fallait pouvoir tirer toutes nos flèches dans la gamelle sans entamer le temps des autres, au bon moment, c’est à dire quand le viseur est dans le jaune ou presque et que la flèche peut se planter dans le jaune, peut-être un 10 sans tenter de faire mieux : la rafale peut coûter très cher et elle ne prévient pas. Dominique ouvrait et passait l’info du vent à Christophe qui n’aura pas manqué de les planter dans la gamelle, et je fermais la volée fonction du temps restant et de la force du vent. Je pense que notre expérience des finales du grand prix européen de Riom lors d’une météo chaotique nous aura apporté, certainement beaucoup pour ma part. Je n’aurais sans doute pas eu le culot de changer de décocheur sans avoir eu l’expérience des finales riomoises, pour le tirer contre les américains, sur une finale de coupe du Monde, dans le gros vent et en équipe. 

C’était un moment particulièrement intense, chacun de nous trois transpirait sa volonté d’exprimer le niveau de l’équipe. Une fois la dernière flèche tirée, pas de cris de joie, pas de folie des grandeurs, seul le juste plaisir respectueux d’avoir remporté la match contre nos adversaires dont le niveau n’est plus à prouver, les six archers ayant tous eu leur frayeur, leur difficulté et leur force pour faire de cette rencontre un match. J’étais fier de pouvoir chanter notre hymne, et fier de faire partie de cette équipe. L’or m’apporte le soleil dont j’avais besoin pour persévérer, en individuel, pour l’équipe... «Pa Capona».

Maintenant, place aux jeux mondiaux pour la deuxième partie de l’épisode colombien. Le site dédié présente la compétition qui rassemble de nombreux sports, ainsi que le site de la World Archery. Nous serons 24 archers en compétition FITA. Entraînement officiel jeudi, qualifications et quart de finale direct pour les huit premiers classés vendredi, et enfin les finales samedi.

Vous avez été nombreux à me suivre, à nous suivre, et je vous remercie pour cette énergie qui m’apporte et nous apporte énormément.

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